Stockage des œuvres d’art : cet entrepôt high-tech se transforme en showroom

Livré en mars 2020, le centre de conservation d’œuvres d’art de l’aéroport Paris-Le Bourget collectionne les innovations et les spécificités. Visite guidée de cet espace de stockage atypique avec André Chenue et Aéroports de Paris

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L’année 2017 a marqué le démarrage d’une petite révolution dans le monde de l’immobilier logistique avec la signature par André Chenue, spécialiste de l’emballage, de la manutention et du transport d’œuvre d’Art depuis 1760, et le Groupe ADP (Aéroports de Paris) d’un accord lançant la construction d’un centre de conservation d’œuvres d’art sur l’aéroport Paris-Le Bourget.

« Nous avions trois sites de stockage en région parisienne et un autre bâtiment à Nice, se remémore Julien Da Costa Noble, directeur général d’André Chenue. Notre site de La Plaine-Saint-Denis étant arrivé au maximum de ses capacités, nous avons lancé une recherche de foncier en vue de construire un centre de nouvelle génération. Notre recherche a convergé avec celle d’ADP.»

« Notre site du Bourget avait déjà une histoire liée aux œuvres d’art avec notamment l’implantation de la galerie d’art de Larry Gagosian, rappelle Hubert Fontanel, directeur adjoint de l’immobilier au sein du Groupe ADP. Il réunissait tous les critères recherchés par André Chenue : disponibilité foncière, sécurité, proximité avec Paris et avec l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, qualité des infrastructures… Ce projet nous a également permis de montrer aux collectivités locales qu’il était possible de valoriser le front urbain du Bourget en y implantant des activités différentes de celles liées à l’aéronautique. »

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Un concentré de spécificités techniques

Situé dans le périmètre de plusieurs bâtiments classés dont l’aérogare Labro , l’ensemble a été conçu par GBL Architectes et GSE avec l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France dans le respect de l’urbanisme du secteur faisant la part belle aux hangars à avions. Livré en mars 2020 et développant 24 913 m² sur trois étages, le centre présente une structure béton pour des raisons de sécurité, de stabilité des températures et d’hygrométrie. Il se distingue également par son nombre restreint de grands accès, les flux demeurants limités.

« Nous avons cloisonné au maximum le bâtiment pour offrir des conditions de sécurité et de confidentialité optimales à nos clients, détaille Julien Da Costa Noble. Cela nous permet aussi d’adapter les conditions climatiques à l’intérieur du bâtiment pour faire du sur-mesure cellule par cellule. » L’ensemble des salles sont tenues hors poussière et protégées du risque d’incendie comme des nuisibles par un système d’hypoxie/anoxie qui appauvrit l’air en oxygène. Les clients d’André Chenue viennent travailler directement dans le bâtiment et peuvent même présenter leurs œuvres d’art dans des showrooms spécialement aménagés. »

« Nous avons développé cet ensemble pour répondre aux problématiques de nos clients mais aussi dans le souci de le rendre le plus vertueux possible », ajoute Julien Da Costa Noble. Certifié NF HQE Bâtiments Tertiaires, niveau très bon, l’excellente isolation de ce centre de conservation a ainsi également pour effet de faire baisser drastiquement les consommations d’énergie. « André Chenue a développé un véritable prototype, analyse Hubert Fontanel. Le Groupe ADP a amené pour sa part son expertise d’aménageur et d’investisseur dans les grands projets. » Un alliage qui porte ses fruits. »


Une première qui appelle d’autres projets

Lauréat du grand prix du SIMI dans la catégorie logistique en 2020, « Arts » est aujourd’hui occupé à 70 %. « La commercialisation s’est bien déroulée malgré la pandémie, constate le directeur général d’André Chenue. Nous stockons aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de pièces de toutes dimensions dans le bâtiment. Les champs du possible en termes de typologie sont désormais vastes et vont des œuvres d’art à tout objet ayant une valeur patrimoniale pour des clients privés et publics. »

La demande restant soutenue, André Chenue planche déjà sur la construction d’un nouveau bâtiment en région parisienne. « Nous espérons travailler à nouveau avec le Groupe ADP car leurs équipes immobilières ont eu un apport structurant sur l’ensemble du projet au Bourget », conclut Julien Da Costa Noble. Et Hubert Fontanel de rebondir : « Nous avons été séduit par le potentiel du marché du transport et du stockage d’œuvres d’art à l’occasion de ce beau projet et nous espérons développer encore ce type d’actif immobilier car il répond à la fois aux attentes des collectivités locales et aux contraintes aéroportuaires dans des zones très urbaines. » De quoi réserver une place de choix au centre de conservation d’œuvres d’art de l’aéroport Paris-Le Bourget dans les futurs livres d’histoire immobilière.

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